Nous nous posons souvent la question de savoir quelle est l’influence de l’environnement sur l’évolution du microbiote. Les facteurs d’environnement provoquant un risque élevé de développer une maladie inflammatoire chronique de l’intestin sont nombreux. Dans cet article, nous allons donc faire le lien entre l’environnement et les MICI.
Comment définir le microbiote ?
Pour commencer, il est important de savoir ce qu’est le microbiote et de quoi celui-ci est fait. Le microbiote, c’est l’ensemble des micro-organismes émergés par l’organisme humain. L’organisme est composé de plusieurs microbiotes, comme le microbiote de la peau, le microbiote génital, etc. Le microbiote auquel nous allons plus spécifiquement nous intéresser aujourd’hui est le microbiote intestinal, car directement lié aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
Le microbiote intestinal est composé de virus, de bactéries, et de champignons. Celui-ci intervient dans la digestion des sucs, mais aussi dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et les maladies métaboliques comme l’obésité et le diabète.
Il faut savoir que le microbiote intestinal est propre à l’espèce, celui d’un être humain n’est pas le même que celui d’un animal par exemple. Mais cela ne s’arrête pas là, le microbiote intestinal diffère également d’un individu à un autre.
Particularités des MICI et différences entre la Maladie de Crohn et la RCH
Dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), il existe deux maladies et celles-ci atteignent différentes parties du tube digestif. Dans le cas de la Maladie de Crohn, celle-ci touche tous les tubes digestifs tandis que pour la Rectocolite hémorragique (RCH), c’est le colon qui est atteint.
Dans ces deux cas, aujourd’hui, il est encore impossible de guérir les patients. Cependant, il nous est possible de les soulager de leurs symptômes. Pour cela, les patients atteints de MICI suivent généralement un traitement (immunosuppresseurs ou anti-inflammatoires) tout au long de leur vie.
Pour ces patients, les parois de leurs intestins sont endommagées et la composition de leur microbiote est différente d’un microbiote de corps sain.
Contrairement aux maladies infectieuses, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin sont des maladies multifactorielles.
MICI : des maladies environnementales en augmentation
Nous relatons 4 facteurs principaux impliqués dans l’augmentation des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) :
- Le facteur génétique : Les MICI sont des maladies multifactorielles dans lesquelles la prédisposition génétique joue un rôle important, bien que l’hérédité ne soit pas le seul déterminant.
- Les perturbations du microbiote : Un microbiote déséquilibré favorise l’inflammation et peut contribuer à l’émergence d’une MICI.
- Les perturbations du système immunitaire : Chez les patients atteints de MICI, le système immunitaire réagit de manière excessive aux composants de la flore intestinale, entraînant des inflammations chroniques.
- Le facteur environnemental : De nombreux éléments environnementaux peuvent être la cause de l’apparition d’une MICI tels que le mode de vie occidental, une alimentation ultra-transformée, la pollution auquel nous sommes confrontés, etc.

Les principaux facteurs environnementaux liés dans les MICI
- Tabac : Le tabac a un rôle néfaste dans la maladie de Crohn. C’est autant un élément provoquant des MICI qu’un élément aggravant après l’apparition de ces maladies.
- Appendicite : Le traitement de l’appendicite diminuerait le risque de rectocolite hémorragique (RCH), bien que les mécanismes en soient encore mal compris.
- Hygiène : L’hypothèse de l’hygiène suggère qu’une diminution de l’exposition aux microbes dans l’enfance pourrait perturber le développement normal du système immunitaire, augmentant le risque de MICI.
- Exposition solaire : L’exposition solaire réduirait l’apparition des deux types de MICI par la présence de la vitamine D.
- Antibiotiques : La prise excessive d’antibiotique durant l’enfance exposerait à un risque majoré de MICI (Maladie de Crohn principalement) en raison de leur perturbation du microbiote intestinal.
- Contraception orale : La contraception orale pourrait légèrement augmenter le risque de MICI, notamment en perturbant la flore intestinale et en influençant le système immunitaire.
- Pollution : La pollution au quotidien affecterait le microbiote intestinal et engendrerait des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
- Stress : Le stress chronique est un facteur aggravant pour les MICI, car il augmente l’inflammation.
- Absence d’allaitement : L’allaitement est associé à une réduction du risque de MICI en favorisant un microbiote intestinal plus diversifié et équilibré chez le nourrisson.
- Alimentation : Pour terminer, l’élément principal reste l’alimentation. Une alimentation riche en produits ultra-transformés, en graisses saturées et en additifs alimentaires est l’un des principaux facteurs environnementaux liés à l’augmentation des MICI.
L’influence de l’alimentation dans les MICI
La composition de l’alimentation est très importante à prendre en compte dans l’évolution des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. En effet, dès l’apparition de lésions associées à une Maladie de Crohn par exemple, nous sommes capables de traiter les symptômes avec une alimentation entérale. C’est une nutrition artificielle dans laquelle le fluide remplace la nourriture, généralement transmise par une sonde gastrique.
C’est d’ailleurs le premier traitement administré chez l’enfant, car l’alimentation liquide est mieux toléré que les corticoïdes.
On retrouve également le régime d’exclusion, un régime qui a été testé et a su montrer son efficacité. Il consiste à supprimer de son alimentation un aliment particulier, voir une catégorie d’aliments types. La nutrition entérale, quant à elle, est moins bien tolérée que le régime d’exclusion.

Comment limiter les risques de développer une MICI ou de l’aggraver une fois la maladie déclarée ?
Nous avons pu remarquer que la Maladie de Crohn apparaissait majoritairement après la consommation excessive d’aliments ultratransformés. Il est donc conseillé de revoir son alimentation afin de l’améliorer.
Les aliments favorables à l’amélioration de son alimentation sont composés de zinc, de potassium, de fibres (dans les fruits et légumes), et bien-sûr, d’aliments non ou peu transformés. Il est préférable de consommer des aliments bruts, naturels et de saison. On l’appelle alimentation anti-inflammatoire ou régime méditerranéen.
Dans le cas de la Rectocolite hémorragique, les aliments délétères sont principalement les viandes rouges, les oméga 6, les sucres et sodas. Il est préférable de privilégier une alimentation riche en oméga 3 et en légumes et d’éviter une grande consommation de viande rouge.
À savoir que les régimes stricts sont déconseillés, il est préférable de consulter une diététicienne afin d’obtenir un régime adapté à ses propres besoins.
L’activité physique joue un rôle dans la diminution des risques de développer des MICI. Il est important d’assurer une activité physique régulière.
L’alimentation ayant un rôle majeur, il est conseillé de la composer à partir d’aliments équilibrés et variés :
- viandes, poissons et œufs
- sucres
- matières grasses
- produits laitiers
- céréales et légumineuses
- fruits et légumes
Dans ces aliments, de nombreux nutriments sont indispensables à la bonne santé du microbiote :
- Les macro-nutriments : protides, lipides, glucides
- Les micro-nutriments : sels minéraux, vitamines…
De plus, nous, il est nécessaire de faire attention aux profils alimentaires. C’est le fait d’associer des aliments qui se digèrent mal, ensemble. L’exemple type est le fait de consommer l’association du burger, frites et soda à la fois.
Les additifs, polluants, métaux lourds sont également à éviter. Tout comme le grignotage.
NOVA food classification
Cette méthode consiste à classer en quatre groupes distincts les aliments, mesurant leur degré de transformation.

En vert, les aliments ne sont pas transformés, ce sont ceux à privilégier. En rouge, les aliments sont ultra-transformés. Ils contiennent des additifs et ceux-ci doivent être évités au maximum. Effectivement, ces aliments ne sont plus dans leur état natif et sont pourvoyeurs de déséquilibres, car l’organisme met énormément de temps à s’adapter à ces aliments.
En jaune et orange, ce sont les aliments intermédiaires.
